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2020 - Année internationale du personnel infirmier et des sages-femmes

Claudia Schröter:

Titulaire d’un master en soins palliatifs, bâtisseuse de ponts et amatrice de romans policiers

Être en osmose avec la nature, faire le plein d’énergie, et toujours avoir le sourire aux lèvres : Claudia Schröter possède une vaste expérience en matière de soins palliatifs et transmet ce savoir avec joie aux autres. 

Au cours des trois dernières années, Claudia Schröter dit qu’elle s’est apaisée. Sa paix intérieure est toutefois subjuguée par l’incroyable joie de vivre qu’elle exprime à l’égard de son interlocuteur. Mais au fil de la conversation, cette paix intérieure transparaît : elle constitue à la fois l’ancre, la racine et le réservoir de l’énorme force créatrice de Claudia Schröter.

2020 - Année internationale du personnel infirmier et des sages-femmes

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève a décidé de faire de 2020 l’Année internationale du personnel infirmier et des sages-femmes. Cette année est également marquée par le 200e anniversaire de la naissance de Florence Nightingale.

L’objectif est de faire la lumière sur trois aspects essentiels: bien former le personnel soignant, investir dans les stratégies de recrutement et de fidélisation du personnel et éliminer les obstacles dans le cadre de la promotion du rôle progressiste du personnel infirmier.

Pour les soins palliatifs aussi, le personnel infirmier joue un rôle déterminant dans la prestation de services de santé : car sans soins, il n'y a pas de soins palliatifs. Ainsi, tout au long de l’année 2020, palliative ch publiera douze portraits de professionnels de soin qui décrivent leurs motivations et leur engagement.

« Qui suis-je ? Je suis une femme curieuse, avide de connaissances, amoureuse de la nature et très enthousiaste. Je suis aussi amatrice de romans policiers », révèle Claudia en riant, confortablement assise au pupitre, « mais avant tout, je suis bâtisseuse de ponts. » Claudia Schröter est infirmière clinicienne diplômée spécialisée en oncologie et titulaire d’un master en soins palliatifs. En parallèle, elle est enseignante diplômée en école professionnelle dans le secteur de la santé, conférencière indépendante en matière de soins palliatifs et s’engage, entre autres, pour le compte de la société professionnelle palliative ch dans le domaine de la formation. Enfin, Claudia Schröter dirige un cabinet de thérapie respiratoire et corporelle. Bien entendu, elle est là aussi titulaire d’un diplôme.

Pourtant, elle aurait très bien pu devenir musicienne. Claudia Schröter explique en riant : « La musique est un talent qui m’a été transmis au berceau. À l’âge de sept ans, je jouais de la clarinette et à onze ans, du saxophone. J’ai toujours aimé monter sur scène, encore aujourd’hui. Car soyons honnêtes : enseigner est un peu comme être sur scène. » Le cursus scolaire de Claudia Schröter était certes ciblé, mais pas du tout linéaire. Rien d’étonnant ! Elle a notamment dû interrompre le gymnase : « Je faisais trop de musique et de sport, ce qui ne me laissait pas assez de temps pour étudier, bien que j’aimais apprendre ». Elle a toutefois achevé avec succès l’école du degré diplôme. « Ensuite, il a fallu que je choisisse la direction à prendre. J’étais très attirée par la musique et la scène, l’endroit où je pouvais montrer le pouvoir de la musique. » C’est la musique qui lui a d’ailleurs transmis une valeur essentielle : toujours être dans le moment présent. Toutefois, avant de faire ce choix professionnel, Claudia Schröter décida de voyager.

Elle avait environ 21 ans lorsqu’elle partit aux Philippines avec l’EPER. Durant son séjour de plusieurs mois, elle a eu l’occasion de nouer des liens étroits avec la population locale. Après la chute du dictateur Ferdinand Marcos, la destruction était apparente dans tout le pays. Avec le recul, cette expérience a été particulièrement enrichissante pour la jeune femme, car la joie et la souffrance étaient visiblement très proches : « Ces gens sont incroyablement pauvres, et regorgent pourtant de joie de vivre ! » De retour en Suisse, elle a décidé de suivre la formation d’infirmière diplômée ES au Lindenhof à Berne. « Au Lindenhof, j’ai découvert un point sur lequel on met beaucoup l’accent aujourd’hui : la capacité de réflexion ! Cette notion est parfaitement ancrée au Lindenhof. Pour moi, il s’agit d’une attitude élémentaire pour laquelle je suis reconnaissante à vie. Cette attention particulière pour les personnes concernées reflète aussi mon propre état d’esprit. » Un premier jalon était alors posé pour son futur parcours professionnel. Claudia Schröter a ensuite suivi une spécialisation en oncologie puis, quatre ans plus tard, la formation d’enseignante en école professionnelle dans le secteur de la santé. « Je voulais apprendre à mieux transmettre le savoir. » Elle avait ainsi fait son premier pas en tant que bâtisseuse de ponts.

« J’ai toujours été passionnée par l’enseignement. Le transfert de la théorie à la pratique, et inversement, me tient encore aujourd’hui très à cœur. » Là aussi, Claudia assume le rôle de bâtisseuse de ponts. Elle a obtenu un master en soins palliatifs à l’IFF à Vienne et a reconnu l’importance d’établir cette formation en Suisse également. Elle a approuvé avec enthousiasme la demande de la Haute école spécialisée de Saint-Gall en 2007 de mettre en place une formation de master en soins palliatifs et a pris en charge la direction des études. Dans le même temps, elle enseignait dans la formation postdiplôme en oncologie et travaillait comme experte en soins dans une clinique spécialisée en oncologie et soins palliatifs, puis dans un centre de soins pour personnes âgées, « parce que la proximité avec les gens compte beaucoup pour moi. » Où est-elle aujourd’hui ? « J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à chacune de mes étapes professionnelles, que ce soit en tant que responsable de formation dans différentes institutions, en tant qu’enseignante ou comme soignante. Cette volonté de bâtir des ponts entre la théorie et la pratique reflète d’ailleurs des traits de ma propre personne : envie d’acquérir du savoir, puis le mettre en pratique et enfin le transmettre aux autres. » Pour cela, les formations en interne dans les institutions constituent l’outil idéal.

Où Claudia Schröter puise-t-elle toute cette énergie pour travailler avec autant d’engagement ? D’une part, dans son profond attachement à la nature. « C’est un véritable don de pouvoir observer les cycles – tout naît, vit puis s’éteint. Et chaque fois, le printemps revient. » Cet égard pour les ressources renforce et rapproche ses racines, mais aussi ses désirs, par exemple celui de profiter de plus de libertés avec moins de structures. Pour ce dernier aspect, elle s’est donné l’espace nécessaire : tandis qu’elle continue d’enseigner les soins palliatifs en tant qu’indépendante, Claudia Schröter dirige un cabinet de thérapie respiratoire et corporelle. La thérapie respiratoire dans le domaine des soins palliatifs gagne en importance. Selon Claudia, quelques gestes doux suffisent pour entraîner des changements significatifs du mode respiratoire et augmenter la capacité de relaxation, y compris pour les personnes gravement malades ou en fin de vie. La thérapie respiratoire lui a-t-elle permis de trouver la paix intérieure ? Elle rit, laissant la question ouverte. Il y a des choses plus importantes, par exemple la vie dans le moment présent.